Contribution des étudiants du Master Création Littéraire

Le Master Création Littéraire a pour objectif de favoriser une immersion conjointe des étudiants dans le monde de le recherche et dans le monde socio-professionnel. Dans le cadre de leur formation, les étudiants doivent participer à des projets de création éditoriale. Ces créations font appel à des compétences diversifiées (interviews, comptes rendus, affiches) et ont pour objectif de communiquer avec des publics variés et de valoriser des actions culturelles littéraires. 
C'est dans ce contexte que les étudiants du Master ont participé au projet du Centre Fleura. 

Ci-dessous, les travaux réalisés par les étudiants du Master "Création Littéraire'". 

Chroniques d'observation...Atelier de théâtre

Dans la rue, nos pas nous mènent 

Vers un lieu inconnu et attendu

Subitement, je reconnais une tête

Une tête souriante et avenante

Omer nous regarde s’approcher 

“Coucou !” nous dit-il 

Les autres nous sourient

Une tête se démarque du groupe 

B. Festas se présente

Intervenant de l’atelier théâtre.

Découverte d’un nouveau lieu

Chacun s’installe dans la salle

Une vraie salle de spectacle ! 

Sièges rouges, projecteurs,...

Nous prenons place sur les sièges 

Spectatrices des exercices à venir

B. Festas débute l'atelier 

Les apprenants marchent dans la salle

S’appropriant l’espace 

Marchant dans toutes le directions 

A vitesse variable 

L'intervenant les pousse à être énergiques,

Dynamiques !

Puis l’intervenant annonce une nouvelle consigne

Chacun doit s’arrêter auprès d’une personne

Et lui dire bonjour

Verbalement ou gestuellement

Puis crier sur la prochaine personne 

Qu’il rencontre

Certains sont drôlement à l’aise

D’autres beaucoup moins prêts 

A se lancer.

Ambiance convivial

Nouvel exercice
Un apprenant doit toucher ces camarades

Les autres doivent éviter d’être touché

Un loup glacé

Peut se faire à tout âge ! 

Amusements,

Rires…

Repos

Car même si c’est un jeu

La fatigue est présente ! 

Nouveau défi : course

Celui qui arrive à la ligne 

Le moins rapidement ! 

Difficile de comprendre cet exercice 

contraire à nos habitudes

Ali arrive le dernier

Et gagne !!

Omer, le plus rapide, 

Croit avoir gagné…

Ensuite, de nouveau, marche

Dans l’espace

Chacun doit dire un mot 

A celui qu’il croise

Couleur

Métier…

Exercice de la chaise à plusieurs

Moment riche en émotions

Pour finir, les apprenants forment 

Trois colonnes 

À la tête de chaque colonne, un chef 

Le chef doit imiter un indien 

Ceux qui le suivent doivent l’imiter

Fous rire

Ambiance au rendez vous.



                                                                 Alexia FRANC

Un, deux, trois… On entend une voix. 

Quatre, cinq, six… Début de l’exercice. 

C’est un groupe d’individus qui,

Pendant un bref moment, 

Va jouer un rôle. 

Abandon de sa personne, 

Incarnation d’une autre. 

C’est un travail sur eux-mêmes, 

Auquel ils sont tous soumis. 

On imagine le lever de rideau, et

Action : tous en scène ! 

Quatorze pieds se déplacent, 

Envahissent l’espace, 

À différentes allures, 

Dans tous les sens, 

Sans arrêt, ni hésitation. 

Le spectateur ne sait où porter le regard, 

Il va de gauche à droite puis, 

De droite à gauche, 

Sans répit. 

Et d’un coup : STOP ! 

Tout s’immobilise dans la salle. 

Quatorze pieds figés, 

Ancrés dans le sol. 

Plus un bruit, hormis celui

De leur respiration saccadée. 

Nouveau départ : crier. 

Voix graves ou aigües, 

Voix fortes ou faibles, 

Toutes emplissent la salle, 

Dans d’infimes échos. 

Le ton redescend lentement, 

C’est l’heure des salutations. 

Quatre corps s’ajoutent au groupe. 

Un bras se lève, deux mains se serrent, 

Des sourires se dessinent çà et là, 

Et des « bonjour » affluent. 

Un mot sort de la bouche de chacun, 

Un mot tiré au hasard, 

Un mot qui vient à l’esprit, 

Tout simplement. 

C’est l’heure d’incarner un rôle : 

Métamorphose indienne. 

Des actions sont mimées,

Des « whoo whoo » sont criés,

Et des danses sont imitées.

                                                       Daphné BONNEFOI


                        Lors de cette séance d’observation, j’ai eu le plaisir de retrouver quelques-uns des élèves rencontrés lors de notre atelier d’écriture, ainsi que quelques nouvelles têtes. Ils étaient une petite dizaine, tous très souriants et motivés, sur la scène de la salle des Frères Lumières, à la résidence Dolet.
   Durant l’heure que j’ai passée à les regarder, je les ai vus exécuter six ou sept petits exercices visant à les réveiller un peu et à leur apprendre à maîtriser et occuper l’espace. D’abord, ils ont fait un jeu de présentation en quelque sorte, afin de contrôler la force de leur voix et aussi pour travailler leur oral. J’ai remarqué qu’ils étaient tous plutôt à l’aise avec cet exercice. Ils en étaient même contents. J’ai l’impression que ce genre d’activité est bon pour mettre les élèves en confiance et pour leur apporter une certaine aisance dans la prise parole. Par ailleurs, le mimétisme du théâtre est idéal pour apprendre et retenir un langage. Puis, ils ont fait quelques échauffements classiques, et exercices de marche et de coordination.
   La liberté de mouvement et la position debout semblent beaucoup aider à l’apprentissage de la parole, de la langue. En effet, ils avaient tous un bon niveau, mais le fait de mettre en pratique ce qu’ils savaient de cette façon m’a semblé efficace. Des cours de théâtre, en complément de cours de langue à l’école, ont l’air très utiles, en particulier pour la mémoire et l’assimilation des connaissances. Personnellement, je pense que si j’avais eu des cours de théâtre, comme cela, pour m’aider avec l’allemand à l’époque du collège, j’aurais su en maîtriser les bases et ne serait sûrement pas aussi mauvaise aujourd’hui. Les pratiques artistiques, de toute façon, sont souvent/toujours plus efficaces que des cours basiques, surtout pour capter l’attention de certains apprenants qui peuvent être moins motivés ou un peu dissipés de nature.
   J’étais désolée néanmoins, pour cette jeune fille en fauteuil roulant, qui ne pouvait pas participer à toutes les activités. Mais a priori c’était surtout un problèmes de salle, et donc cela ne durera pas. En dehors de cela, l’ambiance était agréable, le professeur sympathique et les élèves s’amusaient bien. 

 

                                                        Charlotte BASTENIER 


Ils étaient 

Là à nous encadrer,

Là à nous observer,

Comme nous l’avions fait une fois.

Installés, attentifs ou intrigués,

Tout était tellement léger,

Qu’on aurait pu s’envoler. 

 

Et j’ai écrit au tableau

Et elle, expliquait les mots

Lui, mimait chaque lettre

Pendant qu’il jouait au maître.

Et l’autre plus timide,

Hésitait à s’avancer

Mais finalement elle se décide,

Avec nous, commence à jouer.

 

Quand certains partaient au front

D’autres restaient en arrière,

Les apprenants comme des enfants

Dévoilaient leur savoir-faire.

Quand nous prononcions des sons,

Ils s’appliquaient à répéter,

Les voilà comme des géants

Triomphants et satisfaits. 

 

Jeux de lettres

Ou bien de l’être

Jeux de parler 

Ou de se taire

Jeux de répéter

Ou bien de plaire

C’est difficile 

C’est éreintant

D’apprendre mille

Nouveaux chants.

 

Au fond du cœur 

Et de la tête

Les mots en chœur 

Font la fête 

La tête ailleurs 

Comme les poètes

Un son appelle vingt autres lettres

Une langue, sur le monde, une fenêtre. 

 

C’était le corps

Et le sport…

Une littérature

Sur mesure…

 

Il fallait

User d’un langage refait

Il fallait agiter les mains 

Tout reprendre point par point. 

Ils étaient

Comme voguant sur un ruisseau

Ils étaient 

Tranquillement sur l’eau

A bord d’un nouveau bateau.

Pas question d’être servants

Pas question d’être ignorants

Forts, tous ils combattaient

Les syllabes trop compliquées.

Ils aimaient bien s’exprimer,

Ils aimaient bien dessiner

Dans leurs rires et dans leurs voix

J’ai tant entendu de joie !

 

Mais parfois trop secoué

Et fatigué de tanguer,

Le bateau par les vagues poussé

Menaçait de se renverser.

Du ruisseau jusqu’à la mer ; n’en pouvait plus de ramer

Toutes cette phrases comme des chimères, se dressaient comme une armée.

 


 

Il suffisait

Pourtant d’insister

De ranimer la volonté,

De dissiper la grande armée

De remettre le bateau

Bien à l’aise sur les flots

De rappeler que cette violente langue parlée

Nous ne la laisserons pas les noyer

Que l’exercice et puis le temps

Viennent à bout de tous les tourments. 


Mais parfois trop secoué

Et fatigué de tanguer,

Le bateau par les vagues poussé

Menaçait de se renverser.

Du ruisseau jusqu’à la mer ; n’en pouvait plus de ramer

Toutes cette phrases comme des chimères, se dressaient comme une armée.

 

Il suffisait

Pourtant d’insister

De ranimer la volonté,

De dissiper la grande armée

De remettre le bateau

Bien à l’aise sur les flots

De rappeler que cette violente langue parlée

Nous ne la laisserons pas les noyer

Que l’exercice et puis le temps

Viennent à bout de tous les tourments. 


Jeux de lettres

Ou bien de l’être

Jeux de parler 

Ou de se taire

Jeux de répéter

Ou bien de plaire

C’est difficile 

C’est éreintant

D’Apprendre mille

Nouveaux chants.

 

Au fond du cœur 

Et de la tête

Les mots en chœur 

Font la fête 

La tête ailleurs 

Comme les poètes

Un son appelle vingt autres lettres

Une langue, sur le monde, une fenêtre. 

 

Exercices de parler,

Exercice de répéter

Nous étions la bûche, eux le feu

Nous étions travail, eux le jeu

D’abord plutôt nerveux, nous nous sommes apprivoisés

Et puis en moins de deux, nous voilà à rigoler.

Bientôt la terre s’ouvrira 

Sous eux, un grand volcan,

Plein de mots, il crachera

Une langue, parfaitement. 

Ce jour-là j’espère bien que nos travaux d’écriture

Leur auront donné envie de culture et de lecture.

 

C’était le corps

Et le sport…

Une littérature

Sur mesure…

 

Installés, excités et amusés,

Tout était tellement léger,

Qu’on aurait pu s’envoler.



                 
                                             Charlotte BASTENIER


Le jour est arrivé, l’heure a sonné : entrée dans la classe. 

Un à un, des visages de mille et une couleurs s’installent, 

Et des gens venus d’ailleurs m’entourent. 

Véritable explosion de langues, mais une seule acceptée. 

Je suis au cœur d’un cours de français pour étrangers. 

 

Montée de stress, rythme cardiaque accéléré, 

Le moment est venu d’animer l’atelier. 

Le corps et le sport en sont les thèmes. 

 

Premier exercice : division du corps en parties. 

Des images accrochées çà et là,

Définition des termes et répétition des mots. 

Mille échos à leurs voix emplissent la salle

Dans un engouement général à l’apprentissage. 

 

Second temps : qu’est-ce que le sport ? 

Activité physique, jeu et effort rassemblés. 

Sports favoris et sports détestés énoncés par chacun. 

 

L’âme artistique de quelques-uns est révélée, 

Au travers de rapides dessins : 
 

Un nez, un pied, une main, une jambe, des yeux… 


Des sourcils se froncent, des sourires se dessinent, 

Sur leurs visages, les émotions défilent. 


De l’aide est demandée, des explications sont apportées.  

Quelques difficultés pour l’un, certaines facilités pour l’autre. 

Une multiplicité de regards en attente sont posés sur nous. 

 

Dernière activité, la plus redoutée : la séance d’écriture. 

Une feuille, un stylo, une liste de vocabulaire et une consigne : 

« Pour moi, le sport c’est… », et les voilà livrés à leur imagination.

Hésitation, crainte de l’erreur et entraide sont à leur comble. 

Résultat : sport et corps associés dans une diversité de phrases. 

 

C’est l’heure de la lecture à haute voix des productions, 

Applaudissements, fierté et sourires de chacun. 

Remerciements et au revoir : l’atelier est terminé. 

 

La fin est arrivée, l’horloge a sonné : sortie de la classe. 

Un à un, des visages de mille et une couleurs se dispersent, 

Et ces gens venus d’ailleurs s’éloignent.

Véritable explosion de langues, mais une seule acceptée. 

J’étais au cœur d’un cours de français pour étrangers. 

 

                                                            Daphné BONNEFOI


Observer des étrangers… face au français… 

 

 

Avez-vous déjà voyagé ? Vous êtes-vous retrouvé dans un pays étranger sans connaître la langue officielle ? Avez-vous appris une langue étrangère ? Connaissez-vous la sensation ressentie dans l’apprentissage d’une nouvelle langue ? Avez-vous déjà été avec des personnes étrangères apprenant le français ? 

 

Si le fait d’apprendre une langue étrangère demande de la persévérance et un peu de temps, les avantages qui en découlent sont nombreux : voyages à l’étranger, opportunités professionnelles, développement des capacités cérébrales… Pour certains, ceci se fait par passion, pour d’autres ça représente une obligation professionnelle, ou encore pour profiter pleinement d’un voyage. Mais encore, apprendre une langue étrangère peut se révéler être une nécessité pour les personnes se retrouvant dans le cas de figure d’un déménagement dans un nouveau pays, d’un contrat professionnel, les obligeant à acquérir la connaissance de la langue officielle dans le lieu où ils sont transférés. 

 

Ce jeudi 14 février 2019, je me suis rendue dans un atelier pour des apprenants FLE (Français Langues Étrangères). La classe était constituée de onze élèves intégrant des hommes et des femmes appartenant à une large tranche d’âge, et venant de divers pays. 

Je me suis placée en observatrice de ce groupe d’étrangers qui avait pour but d’apprendre le français. Ainsi, j’ai pu remarquer que la plus grosse difficulté pour les étrangers était l’apprentissage du français écrit. Nous, francophones, nous ne nous rendons pas compte des problèmes que pose notre langue aux apprenants. En effet, une des premières difficultés est la conjugaison des verbes. Par la multiplicité des formes verbales, le déchiffrement d’un texte qui parait à nos yeux simple, peut se révéler complexe sous des yeux étrangers. 

Par ailleurs, les apprenants du groupe travaillaient la manière de construire une question à partir d’une réponse. Cet exercice a posé quelques difficultés quant à la place des mots dans la phrase, ainsi que la distinction des genres qui est, la plupart du temps, absente en anglais. J’ai remarqué également que la forme plurielle représentait une complexité de plus.

De ce fait, ils sont plus à l’aise à l’oral qu’à l’écrit. Par l’intermédiaire de la parole, on ne pense pas aux terminaisons des verbes, à l’accord des mots entre eux, ni à la place des accents par exemple, qu’il est nécessaire de penser lorsqu’on écrit.

 

En les observant, je me suis réellement rendue compte que l’écriture française est un point qui est compliqué pour les étrangers. De plus, l’orthographe française est complètement différente de la prononciation des mots, ce qui déstabilise les apprenants. 

 

 

                                                                                                              Daphné BONNEFOI

Sept mars deux mille dix neuf.

15h15.

L’adrénaline, l’impatience, l’angoisse s'engouffrent en moi.

Les derniers préparatifs prennent fin.

Et le grand saut ! 

G. prend la parole le premier.

Une rapide présentation : A. D. C. B. et G.

Puis un tour de tables : Jasmina, Mamadou, Ali, Omer, ….

Prénoms originaux et variés pour une petite française comme moi!

Ambiance spontanément chaleureuse et agréable, 

Angoisse abandonnée par la montée de l'excitation.

Détachée de toutes peurs, je débute la séance.

Le CORPS.

Qu’est ce que le corps? 

La majorité comprend. 

Quelle joie!

Une par une, B. déploient  les images de chaque partie du corps,

vocabulaire, mime, explications au rendez vous!

Chaque image est scotché au tableau avec une légende : 

LA MAIN, LE PIED, L’OREILLE, LA BOUCHE, LE GENOU, l'ÉPAULE....

LA CUISSE est peu connue ! 

Ils répètent après nous : 

LE MOLLET. LE MOLLET.

LE NEZ. LE NEZ…

L’humour prend rapidement place dans la classe. 

Qu’est que c’est ? Vous connaissez ce mot? 

UNE CHEVILLE!  Et non, cette image représente bel et bien un talon…

Même moi, je fais des erreurs.

Aucune gêne

Aucune moquerie

Participez,

Progressez, 

La réussite est au bout du chemin!

Nous répétons ENSEMBLE chaque mot.

Changement de décor.

Désormais, le SPORT. Qu’est ce que le sport?

Tout le monde connaît.

Chacun leur tour, ils prennent la parole et dévoilent leurs sports favoris.

FOOTBALL

RUGBY

DANSE

FOOTING…
On touche une notion qu’ils apprécient ! 

Distribution d’une fiche à remplir sur les différents sports.

Nous circulons dans la salle

Aide, entraide…

Chacun avance à son rythme.

Correction au tableau. 

Madame ! Oui? Vous avez oublié de mettre LA ou LE

Même eux me reprennent ! Je corrige rapidement en mettant des articles devant les noms

Enfin, le jeu commence.

Distribution d’un papier à chacun.

Chaque papier contient un mot : 

MAIN

DOS

PIED

VENTRE

YEUX

Ils doivent dessiner ! 

Omar est heureux : il est artiste. 

D’autres sont moins contents !

Ils nous interpellent de toute part pour nous demander de l’aide. 

Quel est ce mot? Ventre? 

Je lui montre mon ventre et il comprend.

Une fois terminé, chacun montre son dessin et les autres devinent.

HUMOUR

RIRES

imprègnent la salle.

Je récupère chaque dessin avec leurs signatures

Pour finir, distribution de papiers

L’atelier d’écriture débute ! 

Ecriture du vocabulaire des émotions et sensations au tableau.

Chacun doit commencer sa phrase par : 

Pour moi le sport c’est ….

Nous passons dans les groupes pour les aider à écrire.

Une fois terminé, 

récupération des écrits. 

Le temps est passé tellement rapidement que le jeu de mime est aller aux oubliettes ! 

Remerciements. 

Salutations. 

Ils paraissent heureux de cette séance. 

Moi, j’en ressors satisfaite et heureuse. 

 

 

 

                                                                Alexia FRANC

Au bâtiment du Manège, on voit à travers les murs. Pratique, n’est-ce pas ? L’architecte a délaissé le placo d’usage pour des baies vitrées. Droite, gauche, 360 degrés. Même si les locaux peuvent vite tourner à la fournaise, cela a le mérite de les rendre plus conviviaux. Et quoi de mieux qu’un univers lumineux quand il est question de langue vivante ?
Dans cette grande véranda, les étudiants remplacent avantageusement les plantes. Etrangers, pour la plupart. On peut entendre chanter des accents venus des quatre coins du globe. Et tout le monde sourit en ce premier jour de beau temps. Il semblerait que les études soient moins pénibles au soleil.
Salle Kahn. C’est là que nous avons rendez-vous. Oui, ici nous ne parlons pas de cours, mais bien de rendez-vous. Moins de conventionnel pour plus de naturel.
L’avantage avec les baies vitrées, c’est qu’on nous voit arriver de loin, alors on n’a pas hésité longtemps avant de toquer à la porte. Autour de nous, des femmes et des hommes, de 7 à 77 ans, s’installent dans un brouhaha qui semble habituel. Garçons devant, filles derrière. L’ambiance est bon enfant, ça bavarde, ça se chambre. Pourtant, dès qu’il a fallu se mettre au travail, Madame Sagnet n’a pas eu besoin de demander le silence. Le message est clair. Ces élèves sont là pour apprendre, parce qu’ils n’y ont pas été contraints.
La séance débute par un travail de prononciation. D’abord avec la lecture de Vent Frais Vent du Matin, puis avec Le Parapluie de Brassens. Moi qui suis mordu de variété française, je suis ravi. Madame Sagnet est énergique, elle n’hésite pas à mimer certains mots. En revanche, elle refuse de chanter, à la grande déception de ses élèves. Elle est aussi attentive, connait les difficultés propres à chacun, et stimule les plus timides avec délicatesse. C’est un vrai modèle de pédagogie pour nous.
Nous, les cinq étudiants observateurs, sommes désignés comme cobayes pour un dernier exercice de question/réponse. Les élèves doivent nous questionner sur nos hobbies ou notre quotidien, et nous devons y répondre le plus simplement possible, en prenant le soin d’articuler. Comme nous sommes divisés en petits groupes et que nous avons déménagé en plein air, l’exercice tourne fatalement en conversation. Nous voilà en train de travailler sans en avoir l’air. Le plan de Madame Sagnet a marché. Et elle semble fière. Fière de ses élèves, surtout. « Ils sont exceptionnels » nous confie-t-elle à la fin de séance et nous voulons bien la croire.

                                                                                                      Baudoin VERMEULEN 


Afin de préparer des ateliers pour des étudiants venant d'arriver en France, nous avions comme consigne d'aller assister à un cours du groupe FLEURA. Le rendez-vous était à 13h15 en salle Kahn. Les élèves étaient déjà installés, mon camarade et moi nous sommes présentés à la professeure, elle était au courant de notre venue. Une fois assis, le cour commença. Les élèves commencèrent à travailler sur une chanson de Brassens : le Parapluie. Les paroles de la chanson nous furent également distribuées. Le premier exercice consistait à travailler sur la prononciation des phrases, la professeure donnait l'exemple en lisant une phrase et tous les élèves répétaient à l'unisson. La première chose à noter est le degrés d'implication des élèves, tous étaient concernés et assidus, pas un ne rechignait à la tâche. La professeure exagérait volontairement chaque syllabe et n'hésitait pas à reprendre ceux qui avaient une prononciation approximative, les liaisons étaient également de rigueur. L'intervenant a le numéro de mobile de chaque élève, l'un d'eux l'a même appelé pendant le cours car il ne trouvait pas la salle. Afin d'améliorer la communication, certains parlent en anglais avec la professeure, elle leur répond également dans cette langue. Les élèves bénéficient d'un groupe What's ap dans lequel la professeure se trouve également, elle s'en sert pour enregistrer des sons, et ils lui restituent en répétant les paroles de la musique préalablement enregistrés par l'intervenante. Cette dernière répétait énormément les phrases pendant le cours pour travailler et assimiler la prononciation. Elle connaît tous les prénoms des élèves et est très didactique et pédagogue. Le niveau est relativement hétérogène, certains ont plus de facilités que d'autres, le niveau étant A1. L'ambiance est bon enfant, agréable et conviviale, aucun élève ne paraît être là par contrainte, leur volonté de progresser est remarquable. Certains élèves prennent des notes, d'autre se contentent d'écouter, chacun travaille en fonction de ses affinités et de ses préférences.  

La deuxième partie du cours consistait à s'exercer sur des verbes et les conjuguer au futur, les verbes « aller », « faire » et « se coucher » étaient à l'ordre du jour. Les verbes étant écrits au tableau, la professeure demanda des volontaires afin de les conjuguer, plusieurs mains se levèrent et trois élèves

allèrent au tableau afin de les conjuguer, les verbes « aller » et « se coucher » bénéficièrent d'un sans faute, une seule petite erreur fut à remarquer au verbe « faire ». La professeure enchaîna sur la distribution d'un polycopié où se trouvait la correction des verbes. Un autre exercice s'y trouvait également, il s'agissait de remettre des mots dans l'ordre afin de former une phrase au futur proche. Tous travaillaient dessus avec encore beaucoup d'assiduité. Dans l'ensemble, l'exercice fût plutôt réussi. Pour finir, les élèves devaient inventer trois questions au futur proche afin de les poser à mon camarade ainsi qu'à moi même. La professeure demanda de former des groupes de deux et tous se mirent au travail. Certains utilisaient google traduction afin de s'aider, d'autres n'en avaient pas besoin, chaque binôme fonctionnait bien et tous avaient réussi à fabriquer trois phrases. Pour faciliter l'échange entre nous et les élèves, nous allions dehors, quatre élèves s'approchèrent instantanément de moi et me posèrent leurs questions. Je dus répondre sur le métier que j'envisageais de faire, sur mes activités du week-end prochain ainsi que sur le contenu de mon repas du soir. L'échange était fluide et toutes mes réponses furent comprises. S'ensuit ensuite un court échange entre ces 4 élèves et moi sur l'importance de ce cours dans l'apprentissage du français, ils me rétorquèrent très clairement que cela ne servait à rien de venir si c'était pour être dispersés et non attentif. Les deux heures étant écoulées, notre observation prit fin et tous les élèves nous remercièrent de notre venue.
 
Pour conclure, il est à noter la grande assiduité des élèves au sein du cours et leur volonté remarquable de progresser et d'acquérir un bon niveau de Français, les activités seront sans doute très agréables à partager avec chacun d'eux, tous sont concernés et volontaires quelles que soit leurs lacunes. La passion de la professeure que l'on pourrait qualifier de vocation est également très visible, elle apprécie chacun de ses élèves et les félicite à la moindre bonne prononciation ou lorsque que leurs conjugaisons sont exactes. Ce fut un beau moment de partage et de convivialité. Une expérience intéressante et forte enrichissante. 


Guillaume FOUCQUETEAU


Par le biais de notre pré-professionnalisation, nous étions invités à l’observation d’un cours de français, que le Centre FLEURA s’applique à suppléer aux étudiants, de même qu’il accueille également de multiples étrangers de tous pays, venus apprendre le français. Celui-ci préside ainsi à l’apprentissage d’une expression idoine, et leur apporte également quelque connaissance en matière de culture française. Aussi, je dois noter que la séance observée ne concernait pas celle d’étudiants, mais des réfugiés venus approfondir leurs connaissances linguistiques, participant alors d’une certaine insertion. Les exercices demandés pouvaient alors paraître simple – il demeure que nous assistions alors à leur premier cours –, mais invitaient les épigones à participer de manière assidue et intéressée. À cet égard, l’on pouvait noter l’implication et l’engagement de la professeure, invitant sans réserve les participants à parler, n’en déplaise à leur difficultés d’expression naturelles. Afin d’en faciliter l’assurance, il s’agissait donc de proposer quelqu’exercice liminaire accessible. Chacun disposait d’une feuille divisée en quatre, et dont il fallait remplir les cases, encore que l’on ne leur demandait pas (encore) d’écrire, mais de dessiner selon diverses consignes : ce que l’on apprécie, ce qu’évoque la France, voire d’autres énoncés. Qui plus est, le Centre met à leur disposition, outre un apprentissage linguistique, des ateliers artistiques – entre musique et théâtre –. Les divers participants pouvaient alors choisir un atelier supplémentaire, en présence de leur futur professeur d’art. On voit ainsi combien le cours, malgré les carences logiques en termes de linguistique, était pour le moins animé et vivant.
                                                         
                                                                                        Cédric OBRECHT